Reportage médiocre d'envoyé spécial "Peut on vivre sans consommer de l'animal ?"

J'attendais avec impatience le reportage d'envoyé spécial "Peut on vivre sans consommer de l'animal ?". Je ne pensais pas être autant déçu par envoyé spécial... Voici mes remarques sur ce reportage :

vegan.pngL'introduction

Le journaliste nous donne des chiffres sur la consommation de viande, ce sont des chiffres intéressants et sert d'introduction au sujet :

"Vu tous ces chiffres, j'ai décidé de tenter une expérience pendant 45 jours : me passer de produits issus d'animaux".

OK, ça commence plutôt bien...

Premier jour

Rendez-vous chez un nutritionniste pour se peser, se mesurer, voir son niveau de cholestérol, de graisses, etc. En sortant, le journaliste dit tout de même ça :

"Des céréales, des lentilles, des pois chiches et du soja : voila mon menu dans les prochains jours"

Euh, OK mec mais c'est pas que ça un régime végane -_-

Suit une intervention intéressante d'une végane qui lui explique à quel endroit de la maison / dans quels produits on trouve des produits issus de l'exploitation animale, ça c'était plutôt pas mal.

Septième jour

Oui, on passe directement au septième jour, sans aucune mention de sa nourriture (ce que est pourtant le changement le plus important quand on devient végane).

Bref, on part pour une visite d'un abattoir. C'est là qu'on commencé les absurdités : d'abord, on y voit un abattoir super clean, avec une seule vache à l'intérieur, pas un bruit, tout est propre et calme (c'est pas ça les abattoirs hein). Et les mots du responsable :

"La vache, il faut la démonter et puis vendre les petits morceaux, les vendre ou les faire éliminer"

Au moins le mec il est honnête. Aucune éthique, aucune compassion, aucun sentiment mais honnête. Ensuite, on passe directement de l'image de la vache dans son box à sa carcasse. À aucun moment on ne voit son abattage, sa détresse, ses cris, la violence des employés (qui est courante dans tous les abattoirs), bref, rien de choquant quoi. Même quand on voit la séance de l'éviscération, aucune goutte de sang n'est montrée à l'écran.

Et la dernière perle de cette séquence :

Journaliste : "En quoi sont transformés les morceaux invendables pour la viande"
Responsable : "Je ne sais pas"

Non mais sérieux quoi... On va te croire que tu sais pas.

Bon, suite à cela, le journaliste fait son boulot, il essaye de voir en quoi sont transformés tous ces rebuts. Au final, on a juste le droit de voir la poudre et la graisse générées avec ces rebuts (dans un beau bureau et dans des belles assiettes hein, pas sur la chaîne de transformation dans l'usine).

La vraie partie intéressante de cette séquence est l'aveu du directeur qui dit qu'une distanciation entre l'animal et le produit fini est absolument nécessaire, que si les clients n'ont pas cette distance imposée, une réaction de rejet serait obligatoire. C'est pas nouveau, mais ça fait toujours du bien d'entendre des "aveux" dans la bouche de ces personnes.

Seizième jour

Toujours aucune mention de ses repas...

Cette partie est, selon moi, la seule de vraiment valable dans ce reportage : le journaliste a rencontré l'auteur de la vidéo (en caméra cachée) qui montre le traitement et les abus concernant les poussins à détruire dans un couvoir de Bretagne. Cette vidéo de L214 avait fait assez de bruit sur Internet et à la télé quand elle a été publiée.

PS : En attendant, sachez que l'Allemagne a décidé d'interdire le broyage des poussins. Quelle belle avancée !

Trente-huitième jour

Voila, on est au milieu du reportage et tout ce qui est intéressant est passé... Le reste du reportage est dédié au traitement des serpents et des crocodiles vendus par le Vietnam pour les peaux.

Alors je passe sur le journaliste qui trie ses légumes dans l'avion (il existe des repas complets végétariens/véganes dans les avions hein mec...). Une des plus grosses idées reçus sur la bouffe végéta*ienne c'est que ça ne consiste qu'en trier les légumes d'un plat en laissant de côté la viande / le poisson. Putain mais c'est pas du tout ça, et l'autre il tombe en plein dans le cliché quoi...

Bref, je reviens au sujet. Pourquoi le mec va au fin fond du monde pour nous montrer les conditions de vie et de mort des serpents et des crocodiles ?! C'est pas qu'on s'en fout ou que c'est davantage acceptable mais

  1. tout le monde sait que le Vietnam et la condition animale ça fait deux, mais surtout,
  2. ça ne va concerner personne ! Les vieilles salopes qui achètent un sac en peau de serpent ou un manteau de fourrure ne vont pas changer leurs habitudes ou leur façon de penser avec à un reportage de 30 minutes, et enfin,
  3. il y avait tellement à montrer sur ce qui se passe en France. Pas sur les serpents ou les crocodiles, mais sur les vaches, les cochons, les lapins, les poules : tous les animaux de chez nous ; sur les abus dont ils sont victimes quotidiennement partout en France, près de chez nous...

Et conclusion de cette séquence :

"Voila 40 jours que j'ai commencé mon expérience et je dois avouer que j'ai trouvé le temps long"

Que voulez-vous répondre à ça...

Quarante-cinquième jour

Là, on arrive à la connerie la plus grosse du reportage :

Dans un premier temps, le journaliste retourne chez le nutritionniste. Le mec a perdu 2 Kg, il a perdu du mauvais cholestérol, il a perdu de la graisse, mais malgré ça, le "nutritionniste" lui sort :

"Je vous conseille de reprendre vos habitudes alimentaires"

Mais WTF quoi !

Ah et aussi :

"Il faut moins manger de viande mais mieux manger de la viande"

Ah ouai OK, c'est sûr que ça change tout pour l'animal dans l'assiette... Comme dit très justement par RecSalome sur Twitter : "Continuer à manger de la viande, mais manger mieux" c'est comme "battre sa femme, mais la frapper moins fort".

Et enfin, le pire de tout en guise de conclusion, le journaliste va chez le boucher :

Journaliste : "c'est vrai que j'ai un peu hâte"
Boucher : "ça fait combien de temps sans manger de viande ?"
J : "1 mois 1/2"
B : "1 mois 1/2 !!?? c'est pour ça que vous êtes tout blanc donc..."

Et après avoir bouffé un bout de viande, le journaliste sort :

"Ça valait le coup d'attendre un mois 1/2"

Ah oui, et il a quand même le culot d'ajouter en phrase de conclusion :

"L'expérience m'a réellement changé".


Putain mais quel foutage de gueule ce reportage quoi ! Aucun un mot sur la souffrance animale, aucun mot sur l'alimentation extrêmement riche des véganes (surtout quand on voit à quel point sont délicieux les restos véganes de Paris). Le journaliste qui "a été réellement changé" n'attends qu'une chose : pouvoir re-manger sa barbaque à la première occasion.

Enfin bref, je ne sais pas vraiment si le reportage était fait pour faire prendre conscience aux téléspectateurs qu'il faut faire attention aux animaux, mais si c'est le cas, c'est complètement raté. C'est juste l'expérience personnelle d'un journaliste qui n'en a rien à foutre des animaux et qui voulait juste profiter d'un petit voyage gratuit au Vietnam...

Une honte !

Commentaires

1. Le lundi 11 mai 2015, 14:20 par Elodie

Excellent article de cette espèce d'enveloppe vide qu'ils ont osé appeler "reportage"... tu parles d'un "envoyé spécial" -_-

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Fil des commentaires de ce billet