Mon élevage de fourmis Messor barbarus

Présentation

Il y a une dizaine d'années, j'ai lu mon premier livre par plaisir (j'entends par là un livre que j'ai choisi et apprécié, pas un livre imposé par l'école), c'était Les fourmis de Bernard Werber. Ce livre m'a vraiment passionné, tant par l'histoire que par les fourmis en elles-mêmes. J'ai découvert que derrière ces petites bêtes insignifiantes se cachait une organisation impressionnante, sans faille. Après cette lecture, j'ai commencé à en apprendre encore davantage sur les fourmis et ai découvert un monde vraiment passionnant.

L'année dernière, j'ai décidé de commencer un élevage à la maison pour deux raisons : observer plus facilement ces petites bêtes chez moi (c'est mieux de les voir en vrai que sur Internet) et avoir la possibilité d'initier mon fils aux fourmis et aux insectes en général (je vois tellement d'enfants avoir peur des insectes ou s'amuser à les écraser, j'ai pas envie que mon fils fasse ça plus tard).

Quand on est petit, on ne connaît que deux types de fourmis : les fourmis rouges-qui-piquent ou les fourmis noires-qu'on-peut-embêter. Il existe en réalité des centaines d'espèces : les fourmis tisserandes, les coupeuses de feuilles, les moissonneuses, les acrobates, les fourmis rousses, les fourmis de feu et bien d'autres. Ces noms sont simplifiés, les vrais noms sont, en fait, Crematogaster scutellaris, Messor barbarus, Lasius niger, Myrmica rubra, Pheidole pallidula, etc.

Chaque espèce à ses particularités, des milieux et conditions de vie bien différents : il y a des fourmis carnivores, des granivores, des fourmis qui mordent, des fourmis qui piquent, des fourmis agressives, des fourmis peureuses, des fourmis polymorphes (différentes formes au sein de la même colonie), des fourmis monogynes ou polygynes (une ou plusieurs reines par colonie), et tant d'autres caractéristiques diverses.

Pour commencer un élevage, il me fallait déjà savoir quelle espèce j'allais élever. Je ne voulais pas de fourmis "piquantes" (avec du venin), je ne voulais pas de fourmis carnivores (je suis végétarien, je voulais des fourmis végétariennes :)), et je voulais des fourmis polymorphes (de différentes formes). En vacances dans le Var l'année dernière, nous sommes tombés sur une place de camping juste à côté d'une fourmilière Messor barbarus :

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C'était assez impressionnant, j'ai tout de suite décidé d'élever cette espèce qui, ça tombait très bien, est granivore, polymorphe, monogyne et sans venin :) La veille de notre départ de ce camping, il y a eu un essaimage et une gyne (future reine) est arrivée sur notre table, j'ai décidé de la ramener chez moi. Pas de bol, en fait, c'était une gyne Crematogaster scutellaris, espèce réputée très prolifique, très agressive et assez venimeuse. Avec mon fils en bas âge et mon chien, j'ai pas osé la garder chez nous et l'ai échangé contre une gyne Messor barbarus sur un forum spécialisé.

Arrivée à la maison

J'ai donc reçu ma reine Messor barbarus dans un tout petit tube à essai le 9 septembre 2015 à la maison (avec 16 minors et une media, 3 sont mortes dans le trajet) :

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Je les ai aussitôt transférées dans un plus grand tube :

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Diapause

Il n'y a eu presque aucune activité dans la colonie en deux mois. En effet, seuls une larve et un œuf étaient apparus depuis leur arrivée, je commençais à me dire que le transport avait vraiment trop traumatisée ma reine et qu'elle ne voulait plus faire de bébés dans ce monde de fou :D

Il y a certaines fourmis qui nécessitent une période de froid, en hiver, où elles se mettent en "hibernation" pour mieux repartir au printemps. C'est le cas des Messor barbarus. Bien que cette espèce ne meure pas sans mise au froid, il est fortement conseillé de le faire. Cette reine vient d'un essaimage à Madrid en 2014, elles n'a pas été mise au froid (en diapause) en hiver 2014, je me suis donc dit que ça ne leur ferait pas de mal d'aller faire un tour au frigo cet hiver. Du coup, une semaine avant, je leur offre un festin pour tenir pour l'hiver :

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Et puis direction le bac à légumes le 14 novembre 2015, pendant 4 mois, jusqu'au 16 mars 2016.

Évolution

La diapause a été favorable, le 9 mai 2016, la première media était née et un beau petit couvain était en cours :

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Déménagement

Le 12 juin 2016, j'ai décidé de les déménager. La réserve d'eau du tube à essai étant vide, je souhaitais leur donner un nouvel habitat, plus grand, permettant à la colonie de grossir encore. Le jour du déménagement, j'ai simplement posé le tube à essai dans le nouveau nid :

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Les premiers pas ont été hésitants, elles ont commencé à vider leurs déchets du tube mais y sont restés de 15h (heure où j'ai mis le tube dans le nid) jusqu'au soir. En allant me coucher, il y avait quelques fourmis explorant le nid mais la reine, le couvain et les graines restaient dans le tube. Le lendemain matin, tout le monde avait élu domicile dans le nid, le tube était vide, le déménagement était terminé.

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Elles n'utilisent, pour l'instant, que le côté du nid (le moins exposé à la lumière), avec le grenier à grain en haut (là où c'est le moins humide) et le couvain en bas. Elles ont désormais une réserve d'eau permanente (chose impossible dans le tube), des graines à gogo et un Ant-Man qui veille sur elles :)

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