MoodleMoot 2016 et découverte de la Suisse

Les MoodleMoot francophones sont organisés tous les ans, pendant 3 jours se succèdent des conférences autour de Moodle, le logiciel sur lequel je travaille depuis plusieurs années. L'année dernière, ils se sont déroulée à Tours, j'y avais fait une présentation de l'infrastructure Moodle que j'ai mise en place dans notre université (voir cet article). Cette année, les MoodleMoot se déroulaient à Sierre, une toute petite ville de Suisse à 1 heure de route/rail de Lausanne, plus précisément au sein de la HES-SO (Haute école spécialisée de Suisse occidentale).

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Nous sommes partis de Nancy la veille en train : Nancy-Dijon, 2h puis Dijon-Lausanne, 2h et enfin Lausanne-Sion, 1h. On avait notre hôtel à Sion, à 20km de Sierre. Je vais, tout d'abord, sur les choses qui m'ont interpellé là bas, pendant nos 4 jours en Suisse.

Comme tout le monde le sait (mais que j'avais oublié jusqu'à une semaine avant mon départ), la monnaie en Suisse est le franc suisse, il a donc fallu aller faire le change. Pour faire simple, 1€ = 1F. Ça fait drôle d'entendre tout le monde parler en francs, ça ne nous était plus arrivé depuis plus de 15 ans. Et justement, concernant la monnaie, ça nous a vraiment fait tout drôle de voir à quel point la vie était chère en Suisse ! Enfin, chère pour nous, pauvres français. Les suisses gagent en moyenne 6000F par mois, soit 3 fois plus que nous, pas étonnant que le reste suive ce rythme. La première chose qui nous a étonné c'était des petits sandwichs triangle à 6F à la gare de Lausanne. On s'est dit que c'était hyper cher car "à la gare", qu'on attendrait d'être arrivé à destination pour manger moins cher. Ben en fait, non, c'était les mêmes prix partout ! Quelques exemples que j'ai retenu :

  • un sandwich triangle à 6F
  • un menu normal au macdo pour 12 à 15F (bon par contre, macdo végétarien disponible là bas !)
  • une carte de 6 trajets de bus pour 13F
  • une carte pour 6 trajets de train Sion-Sierre (20km) : 40F
  • un kebab en centre-ville de Sion : 20F
  • et le must, une bouteille de 50cl d'eau à l'hôtel : 6F50

Bon, j'en ai fini pour le côté négatif du voyage :) Le reste, on peut dire que c'était vraiment sympa, les paysages sont magnifiques, au cœur des montagnes, le temps était super, assez chaud mais toujours un peu venteux, du coup très supportable. Les deux villes où j'étais, tout était très propre, pas un papier au sol (bon, sauf quelques tags marrants et un nom de rue qui nous a bien fait marrer) :

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Ce qui m'a choqué aussi (dans le bon sens), c'est la politesse des gens. Les chauffeurs de bus, par exemple : à chaque fois qu'une personne descendait du bus, le chauffeur la remerciait d'avoir pris le bus et lui souhaitait une bonne journée ! J'imagine pas ça une seconde chez nous...

En ce qui concerne les conférences que j'ai suivies, la plupart étaient intéressantes, bien que plutôt orientées enseignement. Cela donne toujours super envie de faire de l'enseignement ces présentations. Le jeudi soir, nous sommes allés au Sierre Blues Festival avec d'autres collègues, c'était bien sympa ce petit groupe de différentes villes de France (Lyon, Paris, Nancy, Montpellier, etc.).

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Bref, tout ça était vraiment une super mission. C'était vraiment très fatiguant (changement d'air, concentration toute la journée sur les conférences et ma présentation à faire aussi) mais super sympa !

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Mon élevage de fourmis Messor barbarus

Présentation

Il y a une dizaine d'années, j'ai lu mon premier livre par plaisir (j'entends par là un livre que j'ai choisi et apprécié, pas un livre imposé par l'école), c'était Les fourmis de Bernard Werber. Ce livre m'a vraiment passionné, tant par l'histoire que par les fourmis en elles-mêmes. J'ai découvert que derrière ces petites bêtes insignifiantes se cachait une organisation impressionnante, sans faille. Après cette lecture, j'ai commencé à en apprendre encore davantage sur les fourmis et ai découvert un monde vraiment passionnant.

L'année dernière, j'ai décidé de commencer un élevage à la maison pour deux raisons : observer plus facilement ces petites bêtes chez moi (c'est mieux de les voir en vrai que sur Internet) et avoir la possibilité d'initier mon fils aux fourmis et aux insectes en général (je vois tellement d'enfants avoir peur des insectes ou s'amuser à les écraser, j'ai pas envie que mon fils fasse ça plus tard).

Quand on est petit, on ne connaît que deux types de fourmis : les fourmis rouges-qui-piquent ou les fourmis noires-qu'on-peut-embêter. Il existe en réalité des centaines d'espèces : les fourmis tisserandes, les coupeuses de feuilles, les moissonneuses, les acrobates, les fourmis rousses, les fourmis de feu et bien d'autres. Ces noms sont simplifiés, les vrais noms sont, en fait, Crematogaster scutellaris, Messor barbarus, Lasius niger, Myrmica rubra, Pheidole pallidula, etc.

Chaque espèce à ses particularités, des milieux et conditions de vie bien différents : il y a des fourmis carnivores, des granivores, des fourmis qui mordent, des fourmis qui piquent, des fourmis agressives, des fourmis peureuses, des fourmis polymorphes (différentes formes au sein de la même colonie), des fourmis monogynes ou polygynes (une ou plusieurs reines par colonie), et tant d'autres caractéristiques diverses.

Pour commencer un élevage, il me fallait déjà savoir quelle espèce j'allais élever. Je ne voulais pas de fourmis "piquantes" (avec du venin), je ne voulais pas de fourmis carnivores (je suis végétarien, je voulais des fourmis végétariennes :)), et je voulais des fourmis polymorphes (de différentes formes). En vacances dans le Var l'année dernière, nous sommes tombés sur une place de camping juste à côté d'une fourmilière Messor barbarus :

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C'était assez impressionnant, j'ai tout de suite décidé d'élever cette espèce qui, ça tombait très bien, est granivore, polymorphe, monogyne et sans venin :) La veille de notre départ de ce camping, il y a eu un essaimage et une gyne (future reine) est arrivée sur notre table, j'ai décidé de la ramener chez moi. Pas de bol, en fait, c'était une gyne Crematogaster scutellaris, espèce réputée très prolifique, très agressive et assez venimeuse. Avec mon fils en bas âge et mon chien, j'ai pas osé la garder chez nous et l'ai échangé contre une gyne Messor barbarus sur un forum spécialisé.

Arrivée à la maison

J'ai donc reçu ma reine Messor barbarus dans un tout petit tube à essai le 9 septembre 2015 à la maison (avec 16 minors et une media, 3 sont mortes dans le trajet) :

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Je les ai aussitôt transférées dans un plus grand tube :

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Diapause

Il n'y a eu presque aucune activité dans la colonie en deux mois. En effet, seuls une larve et un œuf étaient apparus depuis leur arrivée, je commençais à me dire que le transport avait vraiment trop traumatisée ma reine et qu'elle ne voulait plus faire de bébés dans ce monde de fou :D

Il y a certaines fourmis qui nécessitent une période de froid, en hiver, où elles se mettent en "hibernation" pour mieux repartir au printemps. C'est le cas des Messor barbarus. Bien que cette espèce ne meure pas sans mise au froid, il est fortement conseillé de le faire. Cette reine vient d'un essaimage à Madrid en 2014, elles n'a pas été mise au froid (en diapause) en hiver 2014, je me suis donc dit que ça ne leur ferait pas de mal d'aller faire un tour au frigo cet hiver. Du coup, une semaine avant, je leur offre un festin pour tenir pour l'hiver :

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Et puis direction le bac à légumes le 14 novembre 2015, pendant 4 mois, jusqu'au 16 mars 2016.

Évolution

La diapause a été favorable, le 9 mai 2016, la première media était née et un beau petit couvain était en cours :

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Déménagement

Le 12 juin 2016, j'ai décidé de les déménager. La réserve d'eau du tube à essai étant vide, je souhaitais leur donner un nouvel habitat, plus grand, permettant à la colonie de grossir encore. Le jour du déménagement, j'ai simplement posé le tube à essai dans le nouveau nid :

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Les premiers pas ont été hésitants, elles ont commencé à vider leurs déchets du tube mais y sont restés de 15h (heure où j'ai mis le tube dans le nid) jusqu'au soir. En allant me coucher, il y avait quelques fourmis explorant le nid mais la reine, le couvain et les graines restaient dans le tube. Le lendemain matin, tout le monde avait élu domicile dans le nid, le tube était vide, le déménagement était terminé.

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Elles n'utilisent, pour l'instant, que le côté du nid (le moins exposé à la lumière), avec le grenier à grain en haut (là où c'est le moins humide) et le couvain en bas. Elles ont désormais une réserve d'eau permanente (chose impossible dans le tube), des graines à gogo et un Ant-Man qui veille sur elles :)

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Premiers concerts d'orchestres symphoniques (OSUL et Hans Zimmer)

J'ai toujours aimé les musiques de films. Je n'écoute quasiment que ça depuis à peu près 10 ans, j'en avais déjà parlé dans quelques articles sur ce blog, notamment celui-ci et celui-là. Je n'étais, jusqu'à présent, jamais allé voir un concert symphonique jouant ce genre de musique. Bon, j'étais déjà allé voir le ciné-concert du film Retour vers le futur mais c'était pas exactement pareil.

On peut dire que j'ai rattrapé mon retard en une semaine de temps. En effet, en l'espace d'une semaine, je suis allé voir deux concerts symphoniques jouant des musiques de films :

L'orchestre symphonique de l'université de Lorraine

Ça fait longtemps que je connais l'existence de cet orchestre, je n'étais pourtant jamais allé les voir en concert. Il s'agit d'un orchestre d'environ 70 personnes composé uniquement d'étudiants de l'université de Lorraine qui se retrouvent tous les mardis pour répéter des morceaux et les jouer dans des salles, églises, etc. Le concert d'hier (30 avril 2016) se déroulait à la salle Poirel de Nancy, une très belle salle, assez grande et bien sonorisée.

Ce que je trouve génial avec leur concert, c'est que ça mélange les musiques classiques de compositeurs très célèbres (Stravinski, Tchaïkovski, Rossini) avec des musiques de films (encore plus célèbres) : Harry Potter, Le seigneur des anneaux, The legend of Zelda, Indiana Jones, etc. Du coup, moi qui ne venais que pour ces musiques de films, j'ai pu découvrir (et apprécier) des morceaux plus classiques.

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Le concert s'est déroulé de 20h30 à 23h30 mais est passé très vite. Il y avait des petits sketchs bien marrants entre chaque morceau pour présenter les prochains, c'était vraiment sympa. Bravo aux étudiants / musiciens !

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Hans Zimmer en concert à Paris

Bon, là c'est pas le même niveau. Ni la même attente... Ma chérie m'a fait ce cadeau à mon anniversaire, il y a 3 mois : une place pour aller voir Hans Zimmer en concert à Paris. Hans Zimmer c'est vraiment mon artiste préféré de tous les temps, j'écoute ses musiques encore et encore et encore tous les jours (j'ai toujours un casque et de la musique sur les oreilles, surtout au travail). Hans Zimmer est l'un des plus grands compositeurs de musique de films du monde. On lui doit les musiques du Roi Lion, Da Vinci Code, Batman, Superman, Spiderman, Inception, Interstellar, Gladiator, Le dernier Samouraï, etc.

Autant vous dire que j'attendais ce concert avec grande impatience. Les places ont été difficiles à avoir. Pour sa première venue en France, Hans Zimmer et son orchestre jouaientt au Palais des Congrès de Paris. Cette salle ne faisant "que" 3700 places, le jour de la vente des places, au bout de 15 minutes, tout était déjà acheté, ne restait que quelques places à 150€. Ma chérie a fait une croix sur sa place mais m'en a offert tout de même une (merci bibiche) !

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Je savais que ce concert allait être génial, mais je n'imaginais pas à quel point !

Le concert débutait à 20h30, j'arrive au Palais des congrès à 19h40, il y avait une file d'attente d'environ 100m. Je m'y place, au bout de 10 minutes, la file d'attente devait faire entre 800m et 1km. Toutes les places étaient attribuées et numérotées mais les contrôles vigipirates + les placements en salle rendaient tout ça très long. Bref, je patiente et rentre dans la salle à 20h20, ouf !

À 20h40, les lumières s'éteignent, seule une poursuite reste sur scène et Hans Zimmer rentre en scène. Et là, il faut vous imaginer près de 4000 personnes dans les starting-blocks hurler, siffler, applaudir leur idole, c'était vraiment impressionnant.

L'orchestre, composé au départ de quelques musiciens, commence à jouer, et là je me rends comte que ça va dépasser toutes mes attentes. Au-delà des musiques en elles-mêmes que j'adore, les lumières sont parfaites et la sono de la salle encore mieux. Chaque note est parfaitement rendu, les basses vous traversent le corps, bref, c'est magique.

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Au deuxième morceau (si je me souviens bien), un solo de batterie me transporte complètement (le genre de solo qui vient en fin de concert d'habitude). Puis, peu de temps après, un chœur composé de 35-40 personne apparaît et se met à chanter un truc de fou. C'est à ce moment là que j'ai chialé pour la première fois (oui parce que j'avais des frissons depuis le début, fallait bien un cran au dessus ) :D

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Après les 5 premiers morceaux, je me fais déjà la réflexion que chaque musique c'est un final de feu d'artifice, on en voit toujours plus, toujours plus fort, toujours mieux.

Un de mes thème préféré (récent) est la BO de The Amazing Spiderman 2, en particulier le thème "Electro". Il n'est pas très connu, aussi, je n'imaginais pas qu'il serait joué, mais quand j'ai commencé à entendre Hans Zimmer nous dire qu'il allait le jouer, j'étais complètement fou ! C'était, je pense, la meilleure partie du concert. Voici une vidéo qui montre ce morceau, le son ne rends vraiment pas bien, c'était tellement fort qu'aucun appareil photo / caméra ne pouvait prendre ce son correctement, j'étais vraiment sur une autre planète à pleurer en me laissant littéralement traverser par la musique et la lumière. Rendez-vous à la deuxième minute pour les plus impatients :

Vosu pouvez voir d'autres vidéos sur Youtube en cherchant "Hans Zimmer paris".

Bon, je vais arrêter là, vous devez tous me prendre pour un fou avec mes chouineries et mes superlatifs à n'en plus finir. Mais je vous jure que c'était vraiment exceptionnel ! Je ne pensais pas pouvoir ressentir autant d'émotions dans un concert. Surtout que d'après ma chérie "j'ai aucun de cœur car je ne pleure pas devant le film Le pianiste" :)

C'était sans aucun doute le plus beau concert auquel j'ai assisté, je ne sais pas s'il fera une nouvelle tournée l'année prochaine mais s'il repasse à Paris ou au Luxembourg, j'irai à coup sûr !

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Lettre à mon grand Manech

Lettre à lire dans 17 ans

Manech,

Quand j’écris cette petite lettre, on est le 23 décembre 2015, il est 00h02 et ta maman vient de finir de lire un mémoire au sujet de la dysphasie. Elle m’en a fait un bref compte-rendu. Je n’arrive pas à dormir, je t’écris donc cette lettre, que tu pourras lire quand tu seras plus grand.

Nous nous rendions compte, depuis plusieurs mois, que tu avais un certain retard de langage. Tout le monde nous disait que chaque enfant acquiert le langage à son rythme, qu’il n’y avait pas de raisons d’avoir peur, que ça viendrait bien assez vite, qu’on se dirait bientôt « qu’est-ce qu’on était bien quand il ne parlait pas encore, il ne nous posait pas 1000 questions toute la journée ». Au début, on était convaincu de tout ça. On se disait qu’une fois que tu serais à la crèche, tout se décoincerait rapidement. Que ce soit ton retard de langage mais également ta difficulté d’interagir avec d’autres personnes. Oui mais voilà, après quatre mois de crèche, force est de constater que tout ne s’est pas « décoincé comme par magie ».

Aujourd’hui, tu es à l’aube de tes 3 ans et tu ne parles toujours pas comme les enfants de ton âge. Comme le dit Christelle, ta nounou de crèche préférée (quand on te parle de la crèche, tu n’as que « kité » à la bouche) : « Avec Manech, tout se passe dans le regard, pas dans les mots ». Depuis un mois, tu commences juste à dire deux syllabes pour définir quelques mots. Ces mots ne sont pas fluides, j’ai l’impression que tu fais à chaque fois beaucoup d’efforts pour les dire : « cha…po », « oua…tu » pour voiture , « mé….ci » pour merci (que tu dis depuis quelques jours), « aoua » pour au revoir (que tu dis de plus en plus souvent), « beu…sss » pour bus, « oua…gué », « mé…sss », « po…ch », « miiiimi » pour Volkswagen, Mercedes, Porche et Mini (je ne sais pas si ça sera toujours le cas plus tard mais dès 2 ans tu étais déjà un fan absolu de voitures) :)

Ton « vocabulaire » est tout de même très varié, dans le désordre, voici qui me vient comme ça : ato pour gâteau, sssssi pour Simpson, kèkè pour Manech, papa et monmon, cré et kité, etc. Tu reconnais à peu près 9/10ᵉ de tous les mots de tes différents imagiers, cela va du chien, aux tongs, en passant par la poêle ou le toboggan… Bref, on voit bien que tu mémorises tout ça, mais tu ne t’en sers pas au quotidien. Je suis d’accord avec toi, même nous, nous n’avons pas l’occasion de dire « tong » tous les jours…

Tu as aussi du mal à te concentrer, à part avec tes petites voitures et tes livres sur lesquels tu peux passer des heures, tu te lasses très vite de toutes les autres activités (dessin, jeux de construction, etc.). Par ailleurs, parfois, quand on te parle, on se demande si tu nous entends, tu sembles dans ton monde, dans ta bulle. On doit souvent te répéter plusieurs fois la même phrase pour que tu fasses ce qu’on te demande. On a beau te raisonner, notamment quand tu pleures, c’est comme si tu n’entendais pas ce qu’on te disait.

La semaine dernière, nous sommes allés avec toi voir une pédopsychiatre au CAMSP. Tu t’es caché pendant tout le rendez-vous (1h30), je ne t’avais jamais vu comme ça. Suite à ce rendez-vous où on nous a confirmé que tu avais un certain trouble du langage et du comportement, nous en avons eu d’autres à prévoir : avec un orthophoniste, une pédiatre, une psychologue, une généticienne, un neurochirurgien, etc. Je ne te cache pas que j’appréhende ces rendez-vous, mais j’ai espoir qu’on nous dise vraiment ce qui se passe dans ta petite tête. Comme tu l’as compris, à l’heure actuelle, nous soupçonnons une dysphasie. C’est un mot pas très joli pour dire « problème de langage ». Il y a autant de dysphasies que de dysphasiques. Si tu as ce handicap, il faudra ensuite déterminer à quel niveau. Sache que nous avons de la chance, nous habitons dans une grande ville où se trouvent tous les spécialistes dont nous avons besoin. De plus, tout cela est pris très tôt (la preuve, tu ne peux même pas encore lire cette lettre), donc même si tu as une dysphasie, on va pouvoir la diagnostiquer rapidement et faire tout ce qu’il faut pour toi. Ta maman vient de m’apprendre qu’il y avait même des écoles spéciales pour les dysphasiques. Si c’est ce dont tu as besoin, nous t’inscrirons dans une école comme ça. J’ai de la chance, je peux travailler dans d’autres universités que l’université de Lorraine, s’il faut déménager dans une autre grande ville où il y a une école comme ça, on pourra le faire sans crainte.

Si ta maman n’était pas endormie à côté de moi, elle serait en train de me dire « arrête d’être aussi pessimiste » (tout le monde me dit ça tu sais…). Je ne pense pas être pessimiste à outrance, j’essaye juste de me préparer à toutes les éventualités. Je préfère être un peu trop pessimiste et apprendre des bonnes nouvelles que l’inverse, tu comprends j’espère ?

On me dit souvent « alors Benj, c’est pour quand le deuxième ? » et je réponds tout le temps : « certainement pas pour maintenant, c’est déjà assez dur avec un seul… ». En effet, c’est difficile pour moi de m’occuper d’un petit Manech (et encore, ta maman est là 80 % du temps). Je te rassure, ce n’est pas toi le problème, j’ai juste parfois du mal à conserver mon sang froid. Je m’énerve et perd trop souvent patience. J’espère que tu ne m’en tiendras pas rigueur quand tu seras plus grand. Entre nous, c’est ta mère qui en prend le plus, quand je suis énervé, c’est après elle que je rouspète, pas après toi. Bref, tout ça pour te dire que oui, je trouve ça difficile de bien m’occuper de toi, mais sache que j’essaie toujours de faire du mieux possible. J’essaie toujours d’être pour toi le père que j’aurais voulu avoir.

Tu dois trouver cette petite lettre très pessimiste (tu te souviens, tout le monde me dit ça), mais son but principal était de te faire passer ce message : Mon chéri, tu n’évolues pas aussi vite que les autres enfants de ton âge, c’est parfois difficile de faire comprendre ça aux gens qui nous regardent bizarrement en ville, dans notre résidence ou encore à la boulangerie, mais tu dois savoir une chose : je suis fier de toi. Je suis fier de tous tes petits progrès, je suis fier de t’entendre dire « mé…ssi » 10 fois quand je te donne 10 gommettes, je suis fier de te voir insister et dire « cré » après avoir dit « sssin » pour me faire comprendre que tu veux faire un dessin avec un crayon, je suis fier de te voir reconnaître les voitures (même ta maman n’y arrive pas ;)), je suis fier de t’entendre dire « aoua » quand tu vas te coucher le soir, je suis fier de t’entendre dire « né » quand tu veux qu’on mouche ton nez, bref, je suis tout le temps fier de tes progrès.

Enfin, sache que nous serons toujours là pour toi, ta maman et moi. Nous ferons toujours tout pour toi, parce que tu es ce que nous avons de plus cher et parce que nous t’aimons bien plus que tu ne pourras jamais t’en rendre compte !



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Critique de livre : Résilience, histoire d'un survivant de Steeve Hourdé

Il y a longtemps que je n'avais pas fait de critique de livre complète. J'ai choisi de faire celle-ci car ce livre est un peu différent des autres que j'ai l'habitude de lire : il s'agit d'un livre écrit par un français auto-édité et que j'ai adoré : Résilience : Histoire d'un survivant écrit par Steeve Hourdé.

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Ces deux dernières années, j'ai un peu délaissé les thrillers au profit des livres de survivialisme (que ça soit post-apocalyptique, dans un lieu inconnu, etc.). Je pense avoir fait le tour des grands classiques du genre. Du coup, je recherche des histoires un peu moins connues. J'ai donc tout de suite accroché quand j'ai lu le résumé de celle-ci :

"Quels sont les trois objets que vous souhaiteriez emporter si vous vous retrouviez coincé sur une île déserte?" Voilà une question que Robin aurait bien voulu entendre au moment où il s'est ainsi retrouvé perdu, seul et démuni, dans un monde hostile et mystérieux. Saura-t-il survivre, pour gagner ne serait-ce qu'une journée de sursis? Plongez au cœur de RÉSILIENCE, un roman d'aventure et de survie haletant prenant place dans un monde énigmatique rempli de dangers.


Ce livre m'a vraiment beaucoup plu ! Pour faire simple, c'est le même style que Robinson Crusoé avec quelques variantes. Ici, l'accent est mis sur le danger réel et persistant du personnage, Robin. Tout au long du livre, on se sent aussi angoissé que lui, toujours à devoir fuir pour sa survie, il n'a pas le temps de se poser à un endroit qu'il doive déjà décamper pour ne pas se faire tuer. Les chapitres courts accentuent cette impression que tout va très vite. L'écriture est simple, l'auteur ne perd pas de temps dans des descriptions interminables et inutiles, c'est court, c'est clair, c'est génial !

Chose peu courante dans ce genre de lecture (et sans vous spoiler), un fâcheux événement intervient vers la fin du premier tiers du livre. Un événement qui m'a vraiment embêté. Il sert l'histoire mais j'ai vraiment été dégoûté de ce qui arrivait. C'est vraiment inattendu et bien joué de la part de l'auteur. Enfin, la fin de l'histoire laisse à supposer qu'il peut y avoir une suite, et ça c'est cool.


Une fois terminé ce livre que j'ai dévoré en quelques soirées, je me suis intéressé à l'auteur afin de voir ce qu'il avait écrit d'autre. J'ai été très surpris de me rendre compte qu'il s'agissait d'un jeune auteur français qui s'est auto-édité. En allant voir sur son blog, on peut y retrouver différentes choses très intéressantes : des suppléments au livre (un bestiaire notamment) mais aussi ses conseils pour écrire un livre, pour s'auto-éditer, etc. Moi qui rêve d'écrire un livre depuis plusieurs années, ces lectures m'ont été vraiment très utiles et donnent envie de s'y mettre pour de bon :)

En tout cas, je vous recommande très fortement ce livre (que vous pouvez acheter au format papier ou électronique), très facile à lire, pas très gros (250 pages) et très intéressant. Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant été accro à un livre en cours de lecture, ça fait du bien. C'est agréable d'être pressé de coucher son fils le soir pour sauter sur la suite d'une histoire qui nous passionne :)

Ma note : 8,5/10

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